XVIII DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE B COMMENTAIRE D’ENSEMBLE DES TEXTES Ex 16,2-4.12-15 / Ep 4, 17.20-24 / Jn 6, 24-35) 1. Le Pain de la liberté … ! L’histoire de la manne au désert est sujet à multiples interprétations. L’une des curiosités scientifiques l’identifie au produit nutritif qui au désert provient d’un arbre, le tamerix mannifera. Sans contredire ces identifications possibles pour l’approfondissement nécessaire et renouvelé de notre compréhension du mystère divin, la manne est bibliquement l’expression des libéralités du Seigneur auxquelles l’homme se doit de répondre par une profession de foi toujours renouvelée. Comme Israël, les nombreuses difficultés de la vie, les insécurités et misère du désert nous font faire l’expérience de notre précarité. Dieu ne change pas selon les circonstances de souffrance ou de joie extérieures. Il ne reste pas indifférent à nos insécurité et pauvreté du désert. Il nous veut siens. La « nostalgie de l’Egypte », terre d’esclavage ou le désir d’y retourner ne traduit pas seulement la peur d’affronter l’aridité ou l’inconnu de la nouveauté mais le refus de se laisser conduire et éduquer par Lui. Les nombreuses murmures peuvent dangereusement faire naitre le soupçon et le manque de foi. Le pain de la liberté ou le pain de notre salut a un prix, celui du choix de Dieu et l’acceptation de la souffrance. Le choix contraire est repli sur soi-même, fermeture à l’espérance et à la grâce divine. Le don de la manne est l’épreuve qui n’est pas seulement à comprendre comme malheur ou mise en examen. C’est le signe qui certainement vérifie la qualité de notre élection de Dieu comme « vrai pain de vie » et signe comme photographie qui donne l’avant-goût de son amour libérateur et purificateur en Christ. 2. Le Pain de vie… ! C’est Lui le Fils, « pain de vie » qui délivre de la manne de tout ce qui est passager et artificiel. Nos Pères l’ont mangée au désert et sont morts. Ce pain qu’il donne est le pain de l’immortalité car la communion à son corps et son sang, régénère l’humaine nature et lui communique la vie divine. On comprend aisément le saut qualité que Jésus a voulu nous faire faire dans son enseignement sur le pain de vie en Jean. Cette nette différence entre la manne, cette nourriture matérielle et la nourriture spirituelle qu’Il donne à une première vue est affirmation de sa supériorité sur Moïse, et plus, elle invite à nous ouvrir aux richesses de sa Parole qui crée toute chose nouvelle. Croire en Lui fait irradier en nous ses richesses qui sauvent de toute faim et soif de ce monde. Ce n’est pas seulement la production ou la surproduction de fruits qui nourrit l’homme. C’est sa Parole qui fait subsister celle ou celui qui croie en Lui (Sg 16,26) « L'homme ne vit pas seulement de pain mais de tout ce qui sort de la bouche de Dieu » (Dt 8, 3). Ce Pain-Parole qui sort de sa bouche est le verbe qui nous re-crée. 3. Le Pain qui fait l’homme nouveau… ! L’indication de Paul à propos de la nouveauté apportée par Christ est claire : « …vous ne devez plus vous conduire comme les païens qui se laissent guider par le néant de leurs pensées.» (Ep 4,17) Les croyants-disciples du Christ sont ceux qui vivent dans lumière du Christ et se dépouille totalement du vieil homme et ses soubresauts. En Lui et avec Lui « Pain de vie et Pain nouveau » nous devenons des hommes nouveaux pour un monde meilleur. P. Chelbin Alfred Wanyinou HONVO
C'est un blog de réflexion qui vise essentiellement la jeunesse africaine. Il se propose de l'aider à entrer pleinement dans l'histoire d'aujourd'hui en comprenant les enjeux de l'avenir.
dimanche 5 août 2012
samedi 28 juillet 2012
LA PUISSANCE DU PARTAGE...!
XVII DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE B
COMMENTAIRE D’ENSEMBLE DES TEXTES
(2 R 4,42-44 / Ep 4, 1-6 / Jn 6, 1-15)
LA PUISSANCE DU PARTAGE…!
1. Partage le peu … !
Le miracle de la multiplication des pains d’orge fait partie des textes que les écritures appellent le cycle d’Elisée. Ce miracle prouve comme beaucoup d’autres, l’authenticité de la mission de ce prophète fils spirituel et successeur du grand prophète Elie. Sans perdre de vue les intentions de l’écrivain biblique, il confirme la force agissante de Dieu, la surabondance des biens dont il comble son peuple. C’est Dieu qui pourvoie aux besoins de ses fils et filles qui dans la misère crient vers Lui et aux temps qui sont les derniers, fait de son Fils, « le vrai pain qui descend du ciel.» Sans contredire ce rappel théologique nécessaire des textes de ce Dimanche, nous n’oublierons pas qu’il s’agissait en première lecture, des offrandes des prémices, offrandes de reconnaissance des bienfaits du Seigneur (Lv 23,17-18) portées à Elisée et à ses disciples vivant près du sanctuaire de Galgala… Le prophète ordonna que le peu de pain de l’homme, offert à Dieu par amour en reconnaissance de son Amour sans mesure, soit distribué à une foule tout comme Christ ordonnera à Philippe et à André et aux disciples de partager 5 pains et 2 poissons à plus de cinq mille hommes. Le peu partagé dans la foi devient grâce et bénédiction. L’indigence offerte dans l’humilité de l’écoute de la Parole de Dieu ouvre la finitude de l’homme à l’infini de Dieu. L’espace divin devient naturellement espace d’humanisation d’un Dieu qui en Christ prend le chemin de la souffrance de l’homme.
2. Partage, dans la foi et l’écoute…
Dans le texte d’évangile prévaut non une logique d’accumulation ou de sauvegarde de quelque chose mais celle du don et du partage par lesquels le peu devient source de l’abondance comme ironiquement le relève le texte : on a recours à un enfant, un garçon pour résoudre un si grand problème. Le peu ou la petitesse a toujours un prix de grandeur et de profondeur spirituelle. Par là, on peut dire que l’esprit d’accumulation tue toute initiative humaine de développement. Et l’on ne peut gagner qu’après avoir perdu. Le gain personnel n’est pas ce qui est ici recherché sinon le Bien de tous. Partant comme Philippe du légitime souci humain de moyens efficaces pour trouver solution aux problèmes humains, nos forces humaines capitulent et capituleront toujours. André est presque sur le même plan de difficulté que Philippe à la différence qu’il ouvre le peu humain à la grâce divine dans l’espérance. Sans cesser d’être perplexe devant l’immensité du problème, il (André) s’est peut-être rappelé son catéchisme de l’Ancien Testament où YHWH, par son prophète Elisée, a nourri les foules à partir du peu. La foi est mémoire des merveilles du passé qui s’ouvre à la présence éternelle de Dieu dans l’aujourd’hui. Partant de l’humilité d’une foi qui sait se tourner vers Dieu en Jésus-Christ et dans un esprit de don de soi, nous jetterons le filet pour une « pêche miraculeuse.» La Parole de Dieu donne sens et signification à la vie humaine et fait comprendre que le travail ou le bien d’un individu ne lui profite que quand il peut être bien-pour-tous. C’est une vérité toute chrétienne : la dignité de l’homme vient de sa capacité d’être don de soi pour les autres. Le miracle de la multiplication des pains s’appuie sur les biens humains en nos mains. André a compris que ce signe-miracle n’adviendra pas sans collaboration de chacun d’entre nous dans le partage et non d’abord dans l’hyperproduction de biens et services pour assouvir la faim. Les richesses de la terre partagées dans le respect et la foi, suffiront pour orienter nos regards vers biens éternels à venir. C’est pour ces biens que Christ s’est retiré de la foule qui veut le faire roi c’est-à-dire le faire tristement demeurer esclave et prisonnier de cette terre.
3. Partage, dans l’Amour et l’Espérance à venir…
L’intention de la foule de le faire roi peut apparaître une légitime reconnaissance de la puissance divine. Jésus sait cependant que se laisser aux honneurs pour le bien qu’on a fait ou les traduire en pouvoir politique de quelque nature que ce soit tue le charisme, tue la révélation… Des mouvements et associations ecclésiales doivent humblement en tirer leçon. La multiplication des pains ne peut que devenir rare dans un univers chrétien ou on cherche à tout pris à lutter pour être roi ou pour des poses...
Chelbin Alfred Wanyinou HONVO
COMMENTAIRE D’ENSEMBLE DES TEXTES
(2 R 4,42-44 / Ep 4, 1-6 / Jn 6, 1-15)
LA PUISSANCE DU PARTAGE…!
1. Partage le peu … !
Le miracle de la multiplication des pains d’orge fait partie des textes que les écritures appellent le cycle d’Elisée. Ce miracle prouve comme beaucoup d’autres, l’authenticité de la mission de ce prophète fils spirituel et successeur du grand prophète Elie. Sans perdre de vue les intentions de l’écrivain biblique, il confirme la force agissante de Dieu, la surabondance des biens dont il comble son peuple. C’est Dieu qui pourvoie aux besoins de ses fils et filles qui dans la misère crient vers Lui et aux temps qui sont les derniers, fait de son Fils, « le vrai pain qui descend du ciel.» Sans contredire ce rappel théologique nécessaire des textes de ce Dimanche, nous n’oublierons pas qu’il s’agissait en première lecture, des offrandes des prémices, offrandes de reconnaissance des bienfaits du Seigneur (Lv 23,17-18) portées à Elisée et à ses disciples vivant près du sanctuaire de Galgala… Le prophète ordonna que le peu de pain de l’homme, offert à Dieu par amour en reconnaissance de son Amour sans mesure, soit distribué à une foule tout comme Christ ordonnera à Philippe et à André et aux disciples de partager 5 pains et 2 poissons à plus de cinq mille hommes. Le peu partagé dans la foi devient grâce et bénédiction. L’indigence offerte dans l’humilité de l’écoute de la Parole de Dieu ouvre la finitude de l’homme à l’infini de Dieu. L’espace divin devient naturellement espace d’humanisation d’un Dieu qui en Christ prend le chemin de la souffrance de l’homme.
2. Partage, dans la foi et l’écoute…
Dans le texte d’évangile prévaut non une logique d’accumulation ou de sauvegarde de quelque chose mais celle du don et du partage par lesquels le peu devient source de l’abondance comme ironiquement le relève le texte : on a recours à un enfant, un garçon pour résoudre un si grand problème. Le peu ou la petitesse a toujours un prix de grandeur et de profondeur spirituelle. Par là, on peut dire que l’esprit d’accumulation tue toute initiative humaine de développement. Et l’on ne peut gagner qu’après avoir perdu. Le gain personnel n’est pas ce qui est ici recherché sinon le Bien de tous. Partant comme Philippe du légitime souci humain de moyens efficaces pour trouver solution aux problèmes humains, nos forces humaines capitulent et capituleront toujours. André est presque sur le même plan de difficulté que Philippe à la différence qu’il ouvre le peu humain à la grâce divine dans l’espérance. Sans cesser d’être perplexe devant l’immensité du problème, il (André) s’est peut-être rappelé son catéchisme de l’Ancien Testament où YHWH, par son prophète Elisée, a nourri les foules à partir du peu. La foi est mémoire des merveilles du passé qui s’ouvre à la présence éternelle de Dieu dans l’aujourd’hui. Partant de l’humilité d’une foi qui sait se tourner vers Dieu en Jésus-Christ et dans un esprit de don de soi, nous jetterons le filet pour une « pêche miraculeuse.» La Parole de Dieu donne sens et signification à la vie humaine et fait comprendre que le travail ou le bien d’un individu ne lui profite que quand il peut être bien-pour-tous. C’est une vérité toute chrétienne : la dignité de l’homme vient de sa capacité d’être don de soi pour les autres. Le miracle de la multiplication des pains s’appuie sur les biens humains en nos mains. André a compris que ce signe-miracle n’adviendra pas sans collaboration de chacun d’entre nous dans le partage et non d’abord dans l’hyperproduction de biens et services pour assouvir la faim. Les richesses de la terre partagées dans le respect et la foi, suffiront pour orienter nos regards vers biens éternels à venir. C’est pour ces biens que Christ s’est retiré de la foule qui veut le faire roi c’est-à-dire le faire tristement demeurer esclave et prisonnier de cette terre.
3. Partage, dans l’Amour et l’Espérance à venir…
L’intention de la foule de le faire roi peut apparaître une légitime reconnaissance de la puissance divine. Jésus sait cependant que se laisser aux honneurs pour le bien qu’on a fait ou les traduire en pouvoir politique de quelque nature que ce soit tue le charisme, tue la révélation… Des mouvements et associations ecclésiales doivent humblement en tirer leçon. La multiplication des pains ne peut que devenir rare dans un univers chrétien ou on cherche à tout pris à lutter pour être roi ou pour des poses...
Chelbin Alfred Wanyinou HONVO
vendredi 27 juillet 2012
POURQUOI ABANDONNENT-ILS LEUR CONTINENT ?
« Ils » les jeunes africains abandonnent en
masse le continent africain à la recherche des lendemains meilleurs sous d’autres
cieux, Europe, Canada, Etats-Unis… Quel jeune africain ne rêve pas de poser un
jour ou l’autre devant la tour Eiffel ou devant la statue de la liberté qu’il a
toujours vues sur le net ou dans un reportage ? Ne dit-on pas que le monde
est devenu un « village global » ?
Et si après le Baccalauréat, il se heurte aux conditions
difficiles de vie et d’études dans les universités africaines souvent pléthoriques
et presque toujours marquées par une
pénurie criarde de personnel enseignant qualifié et de matériel didactique, il
commence par nourrir le désir de fouler
de ses pieds les couloirs des universités étrangères, à la quête d’une
formation meilleure. A-t-on oublié que la plupart des élites actuelles de nos
pays africains ont été formées dans lesdites universités ?
Et si par bonheur, il réussissait à finir ses études
universitaires sur place (ce qui n’est pas donné à tout le monde) il expérimentera chemin faisant, quel que soit
son secteur d’activité, les lourdeurs et
autres magouilles administratives aussi paralysantes les unes que les autres. Naîtra
alors une envie, celle de s’échapper pour des conditions plus valorisantes de
la compétence et du mérite sous d’autres
cieux.
Quand se dégradent les conditions sociales et économiques
et que, par surcroît, la stabilité politique disparaît dressant le lit aux
conflits et guerres, le jeune africain prend la route de l’exil pour échapper à
la misère ou au massacre dans le cas des
conflits. Dans son nouveau pays d’accueil, il se dit prêt à n’importe quel
travail pour survivre, vivre et faire vivre. Mon cœur d’africain saignait au
cours de la crise libyenne en voyant débarquer sur les côtes italiennes, dans
des conditions héroïques pour ne pas dire tragiques, des milliers de réfugiés
africains. Interrogés certains ont crié leur malchance : ils ont tout
bradé pour aller en Libye et voilà que deux ans après, sans épargne consistante,
ils sont contraints de fuir les combats. Retourner au pays… ils n’ont plus rien
là-bas sinon que tout le monde attend d’eux quelque chose. Unique possibilité, continuer
l’aventure en tentant l’Europe..
Les raisons sont infinies pour lesquelles, les jeunes
africains prennent la décision d’abandonner leur continent. Et en quelques
années, ils ont investi l’Europe, le Canada et les Etats-Unis jusqu’à devenir
aujourd’hui un problème de société par rapport auquel les partis politiques
sont invités à prendre position, tiraillés qu’ils sont entre l’ouverture et le
repli sur soi, à la faveur de la crise qui les secoue aussi.
Et l’érosion des forces vives du continent africain
continue entre rêve, envie, désir et ambition... Mais que deviennent-ils et que
font-ils réellement une fois partis ?
P. Eric Oloudé OKPEITCHA
samedi 21 juillet 2012
CHRIST, NOTRE PAIX... !
XVI DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE B
COMMENTAIRE D’ENSEMBLE DES TEXTES
(Jr 23, 1-6 / Ep 2, 13-18 / Mc
6, 30-34)
- …Je rassemblerai moi-même mes brebis !
Jérémie est dur envers de tous ceux qui ont charge
d’Israël, chefs religieux, rois… L’oracle prononcé au temps du roi Sédécias ne
l’épargne pas non plus... Ils ont trahi les promesses divines (apostasies et idolâtries sous toutes formes)
et fait perdre le chemin de la vie au peuple. Dieu promet un nouveau et bon
pasteur, de la dynastie davidique. C’est Lui qui rassemblera le peuple et le
fera paître aux sources de la Parole de Dieu qui libère et sauve. Cette ère
nouvelle sera l’ère de la justice et de la paix que le peuple verra s’accomplir
dans de nombreuses figures historiques. Mais elle s’accomplit vraiment en
Christ, Fils de David (Mt 1,1) qui
inaugure les temps nouveaux… Le nom Sédécias imposé au roi par les colons
babyloniens signifie « Seigneur-ma-justice »
contrairement à celui du Messie de Dieu qui désormais sera « Seigneur-notre-justice ». le
Seigneur est pour tous, prend soin de
tous. La charité pastorale se substitue à l’égoïsme. Devant la misère du
peuple, Jésus « fut saisi de pitié
envers eux parce qu'ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit
à les instruire longuement » (Mc
6,34). Il se révèle ainsi pasteur messianique enseignant et après, leur
donnera à manger. Autour de Lui les disciples font l’expérience de l’être-pasteur.
- …Autour de Jésus !
Tout joyeux, les envoyés de Jésus reviennent rendre
compte de leur expérience de semeurs d’évangile. Dans toute l’œuvre de Marc,
c’est ici et ici seulement que les douze sont désignés « apôtres ». Leur mission est en
parfaite continuité avec celle du Christ, et le pose comme centre de gravité. La
mission part de Jésus et revient encore à Lui, le vrai Pasteur. Il est le point
de départ et d’arrivée de toute vraie et authentique vie chrétienne. La
présence de la foule démontre une soif toute particulière, un besoin intense et
très fort de la Bonne Nouvelle que la société ne donne et ne peut donner. Les
mensonges et toutes sortes de dominations politiques successives (dominations Assyrienne, Babylonienne, Perse,
Grecque et Romaine…) ont ruiné le peuple. Le monde d’aujourd’hui n’en est
pas loin. Il n’y a que le Fils de Dieu qui démontre une sollicitude gratuite et
est prêt à sacrifier sa vie. Il est le bonheur et la paix à l’école de qui tous
devront se mettre. Les apôtres l’ont compris. Avec Christ, la vie humaine se
revêt de toute sa splendeur. Pour eux, être missionnaire signifie avant tout
capacité à vivre avec Christ comme centre vital de tout. Apprendre à vivre avec
Lui pour une intimité de repos, de silence de solitude féconde de paix. Le
désert est le lieu où Dieu après la libération d’esclavage d’Égypte, s’est
montré de manière particulière à Israël et lui a parlé au coeur. Savoir prendre
le désert en Christ, c’est savoir vivre de Lui et en Lui pour une histoire
particulière d’amour en un « seul à
seul » dans la prière qui nourrit et féconde l’apostolat et la vie
chrétienne. Le chrétien n’est pas un activiste qui passe d’une activité à une
autre dans une fatigue accablante. Mais celui qui sait se reposer et se
ressourcer en Lui, comme si on parlait d’une Christothérapie, Christ qui guérit nos blessures intérieures et opère
toute vraie libération. En Lui, l’homme retrouve Dieu qu’il a perdu et peut
perdre à tout moment à cause du péché.
- …Proches de Dieu par le Sang du Christ !
Par son sacrifice sur la croix Il délivre l’humanité d’une
vie dépourvue de sens et de signification et réconcilie le monde avec Dieu. Son
sang versé réhabilite tous, sans distinction de race et de culture, à devenir
peuple de Dieu. Le mur invisible qui séparait les nations entre elles est
tombé. Le mystère de la croix fait de tous ceux qui l’accueil, dignes de la
grâce d’Amour qui libère et procure la Paix. L’humanisation de Dieu en Christ,
a ouvert la divinité en Christ à l’humanité. Tout ce qui est chrétien est
humain. C’est la grande nouveauté de l’œuvre de rédemption en Christ, notre
vrai Paix.
P.
Chelbin Alfred Wanyinou HONVO
samedi 14 juillet 2012
ANNONCER LA RICHESSE DE SA GRACE... !
XV DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE B
COMMENTAIRE D’ENSEMBLE DES TEXTES
(Am 7, 12-15 / Ep 1, 3-14 / Mc
6, 7-13)
Dans le tout nouveau Royaume du Nord né des
péripéties de la sécession après la mort du roi Salomon, Dieu suscite Amos prophète
presque à la même période qu’Isaïe à Jérusalem au Sud (Is 1,11-14). C’était un prophète au langage virulent et quelques
fois violent s’opposant aux disparités sociales… Samarie connaissait un certain
essor économique qui contrariait avec la misère de la grande majorité du
peuple. L’insolence des richesses aux mains de quelques uns faisait
s’interroger le prophète sur les grands idéaux de l’exode à savoir, la liberté,
le droit des familles et de chacun à vivre sereinement sur la terre promise à
tous et donc le droit d’avoir une maison et un travail digne. La vie
quotidienne n’est-elle pas ou ne doit-elle pas être reflet de la volonté de
Dieu et de sa justice? Le mérite d’Amos est d’attirer l’attention sur le
lien intime entre culte et vie, profession de foi et justice (Am 5,21-27). Un
tel langage de vérité blesse et menace la stabilité du royaume. Amasias prêtre courtisan,
sent aussi les service du prophète dangereux et lui intime l’ordre de se
retirer et de retourner chez lui au Sud (vv. 12-13). Amos lui répond : je
ne suis pas un homme en quête de faveur…j’avais un métier, une
maison…furent-ils modestes quand Dieu m’appela.. je ne peux pas ne pas
prophétiser. Une réponse aussi simple mais profonde qui laisse transparaitre la
crédibilité de son appel et la puissance libératrice de la foi en Dieu.
2. Une mission libératrice au nom du
Christ !
La crédibilité du
missionnaire passe par sa capacité à braver l’adversité pour témoigner. Un
témoignage qui part de la communauté : « Il les envoie deux à
deux ». L’évangile n’est pas une affaire individuelle. La vie en
communauté fertilise la Parole de Dieu et en fait la force d’amour des uns
envers les autres dans l’unique amour divin qui nous sauve. La substance de la
mission est d’annoncer Jésus le Christ Bonne Nouvelle qui arrache les peuples
au mal où les esprits impurs de ce monde les retiennent captifs. Entre autres
consignes, Marc souligne qu’ils ne doivent rien emporter c’est-à-dire qu’ils ne
doivent pas compter sur leurs propres sécurités et moyens humains pour
l’annonce du Règne de Dieu. Il s’agit là d’un appel incessant à s’armer pour
toute sorte de traversée du désert, le désert du martyre et des persécutions.
En première lecture, Amos en est un exemple de fidélité et de détachement qui
libère des biens de ce monde et toutes autres faveurs qui distraient et obscurcissent
l’évangile. Être apôtre c’est-à-dire envoyé du Règne de Dieu est aussi appel à vivre
la pauvreté comme sacrement de foi, foi en Celui qui envoie, voit et pourvoit.
Sans l’esprit de pauvreté il n’y a pas de foi chrétienne qui tienne. C’est elle
qui aide à ne pas tomber dans les piège de l’autosuffisance personnelle et de
la bureaucratie idéologisant pour
toujours laisser place à l’action de l’Esprit Saint unique moteur de toute
annonce parce qu’Il nous fait comprendre le projet d’amour de Dieu sur
l’humanité.
3. Récapituler toute chose dans le Christ !
L’humanité n’existe pas par un pur hasard.
Elle s’insère dans un projet d’amour où nous marchons dans la Lumière pour une
communion intime avec Dieu. Il nous fait ses fils en son Fils Jésus Christ, privilège
d’amour qui nous régénère et nous fait conquérir sa ressemblance et son image
que le péché détruit. L’annonce et l’accueil de l’évangile sème en nous cette
réalité de salut, richesse de sa grâce.
jeudi 12 juillet 2012
CRISE SYRIENNE, ENTRE DIPLOMATIE ET SOLUTION MILITAIRE
Dans un article daté du 14
février dernier, intitulé « crise syrienne, l’impasse ou les négociations »,
nous avions tenté de montrer en quoi la situation libyenne était différente de
celle syrienne et d’indiquer la voie des négociations comme la plus sage et la
plus intelligente géopolitiquement : « Pour
notre part, étant donné que les conflits finissent toujours sinon souvent
autour de la table des négociations, il est peut-être plus sage de ne pas
verser trop le sang humain avant de s’y rendre. Les rapports de force entre
rebelles et forces loyales sont disproportionnelles. Le régime syrien ne montre
pas encore des signes d’essoufflement ou de fissure malgré les sanctions
imposées par certains pays. L’Onu peine à s’accorder sur une action concertée.
Les deux pays capables d’une action unilatérale (France et USA) sont
pratiquement en campagne électorale avec une réélection qui s’annonce difficile
pour leur président respectif. Un appui direct et militaire devient peu
probable eu égard à l’opinion peu favorable de ces deux pays aux interventions
militaires. La ligue arabe est-elle en mesure d’intervenir militairement
sachant que le régime syrien conserve encore des alliés de taille dans la zone
? Rien n’est moins certain. »
Près de cinq mois plus tard, les
faits nous donnent dramatiquement raison. La situation, loin de s’améliorer, s’empire
dans la mesure où l’hypocrisie règne en permanence dans les tentatives de résolution. Effort diplomatique le jour par soutien officiel aux actions en vue d'une solution politique et négociée de Koffi ANNAN et dans l'ombre, on essaie d’armer qui les rebelles, qui le régime. Du coup, les deux
parties sont pleinement entrées dans la
logique de la guerre et se fient désormais à une solution militaire qui n’a
jamais été la meilleure au grand dam des populations au service desquelles
chaque partie prétend se mettre. En somme, une situation de guerre meublant simultanément les pourparlers de paix.
Les occidentaux, fidèles à
leur traditionnelle clé de lecture des
événements qui aboutit presque toujours à la désignation du « camp du bien » et du « camp
du mal » ont déjà fait leur option ; option relayée par les médias
occidentaux France 24 ou TV5 pour ne citer que ceux-là. A grand renfort de vidéo
amateur avec les mêmes cris, avec un décompte macabre régulièrement mis à jour
par l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme dont certains mettent en doute
l’impartialité et l’objectivité, les occidentaux tentent de rallier l’opinion
publique internationale à leur cause. Point n’est besoin d’être expert ou
professionnel de communication pour voir le service informatif amplifié fait
sur un général qui fait défection alors qu’on ne sait rien du nombre de
généraux que compte l’armée syrienne ni la position hiérarchique du général
démissionnaire ou tombé en disgrâce. Les récits des opérations militaires des
rebelles de plus en plus armés et organisés sont pratiquement inexistants, mais
les bombardements du pouvoir sont
montrés à longueur de journées. Mais tous les observateurs et analystes avertis
et dépourvus de parti pris s’accordent pour dire que la situation syrienne est
plus compliquée qu'on ne le pense. La logique de guerre est désormais installée. L’assiette sociale du
régime se fragilise avec les grèves lancées par les commerçants, contraignant le régime à ne tenir que par la
force. Ce qui évidemment ne peut durer indéfiniment rien que par le fait de la
lassitude du peuple pris en otage entre deux feux. Quelle garantie avons-nous
qu’un éventuel chaos syrien n’embrasera pas la sous-région ? dans quel cas
de figure serions-nous au lendemain d'une éventuelle chute du régime, sachant que les
occidentaux ne s'attardent pas en général sur le « service après-vente » pour
reprendre une expression du Canard enchaîné
du 4 juillet 2012 sur la situation
en Lybie. Qui pourrait prétendre connaitre à fond le projet politique des opposants dont on connait bien les divergences ?
A notre humble avis, il faudrait
que les syriens acceptent de se regarder en face pour trouver un compromis
autour des changements à apporter à la vie politique de leur pays sachant que
ce pays leur appartient, majorités ou minorités, musulmans de tous bords et
chrétiens. Le caractère mosaïque de leur pays le recommande vivement ; de plus
une intervention militaire extérieure, dans leur cas, est peu probable pour des
raisons politiques, militaires et économiques. Le sang des milliers d’innocents
exige la recherche du compromis politique. Enfin qu’ils n’oublient pas qu’ils sont en train de
détruire leur beau pays…
P. Eric Oloudé OKPEITCHA
LE SCANDALE DE LA FOI... !
XIV DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE B
COMMENTAIRE D’ENSEMBLE DES TEXTES
(Ez 2, 2-5 / 2 Co 12,7-10 / Mc
6, 1-6)
Ezéchiel tout comme d’autres prophètes avant lui et Jésus font la
douloureuse expérience du rejet. Ils sont messagers de la Parole du Seigneur
qui met en crise parce qu’Elle secoue nos lieux communs d’illusion. Marc l’évangéliste
dit successivement que les gens de Nazareth étaient « étonnés » puis « scandalisés »
car vérité ou la lumière de la foi pose problème à qui reste prisonnier du
mensonge ou des ténèbres.
1.
Vers les cœurs
endurcis !
L’Esprit du Seigneur envoie Ezéchiel en une mission
difficile faite de rejet et de persécutions. Sa vocation à servir Dieu ne sera
de toute joie. Le message qu’il porte est la Parole du salut destinée à un
monde hostile que le Seigneur définit, « peuple de rebelles qui s'est
révolté contre moi, … cœur obstiné, … engeance de rebelles », un
peuple infidèle et pécheur qui accuse Dieu de sa situation d’exilé et d’esclave
en Babylone. La destruction de Jérusalem et du temple en viennent ajouter au
refus d’accueil de la Parole de Dieu et de son prophète. Nonobstant le refus et
les souffrances subis, la Parole doit être annoncée et le prophète doit se
faire davantage présent. La présence de ce dernier au milieu de ses frères est
et sera la preuve que Dieu est toujours Dieu-avec-son-peuple :
« qu'ils écoutent ou qu'ils
n'écoutent pas, ils sauront qu'il y a un prophète parmi eux » (Ez 2,5). Le chrétien ne fuit pas les
crises de son temps. Accueilli ou pas, la faiblesse apparente de sa pauvre
présence est une grâce qui fait germer la force d’une vie nouvelle de
libération.
2.
Jésus rejeté par les siens !
De même dans l’évangile, les gens de Nazareth ne sont pas prêts à accepter
Jésus comme fils de Dieu malgré les nombreux signes et merveilles dont ils
étaient témoins. Leur connaissance de Lui a du mal à se détacher des l’état
civil (sa famille, sa parenté, son métier…) et autres préjugés. Mais quand la
familiarité vécue est uniquement celle des sens et des seules apparences, le
cœur et les yeux s’enténèbrent et rejettent toute lumière et nouveauté divines.
Les raisons secondes prennent le pas sur les raisons premières dans la connaissance
de Dieu ; et son Christ n’est connu et apprécié que « selon la chair » (2 Co 5,16). Or la
seule « vie selon la chair »
est source de mort. Le Fils de Dieu est rejeté. L’homme refuse d’accepter et
d’accueillir Dieu dans l’humilité de sa nature humaine, refus de voir Dieu
prendre nos chemins, de devenir personne. Le rejet du Fils de Charpentier de
Nazareth est plus que jamais d’actualité. C’est le péché moderne qui nous
guette et tant que Dieu ne sera pas accepté comme Dieu incarné, Dieu personne, Dieu-avec-nous, la porte sera ouverte à
tous les paganismes où le diable opère sans gène parce que nous lui offrons
l’occasion de se masquer en ressemblance de Dieu. Le salut ou la puissance de
Dieu s’opère dans l’histoire concret de l’homme en ses souffrances concrètes.
Dans l’Homme concret Jésus, Dieu rencontre les hommes et vis versa.
3.
La puissance de Dieu se
manifeste dans la faiblesse !
Paul parle aussi des rejets dont il a été victime. Il confesse sa
faiblesse : « une écharde dans
la chair » et de « l’envoyé
de Satan » (2 Co 12,7). De quoi est-il exactement question ?
Les recherches scientifiques bibliques s’en sont longtemps occupé et s’en
occuperont encore. S’agit-il d’un péché, des stigmates, d’une maladie, de
quelque tentation diabolique ou le rejet de l’évangile par ses propres frères
de race… ? l’important est d’accueillir l’intention rhétorique et
pédagogique où s’expriment l’humilité et la docilité de l’envoyé de Dieu. Paul
s’est rendu compte que ce ne sont pas ses capacités humaines spirituelles et
intellectuelles qui opèrent mais c’est Dieu qui travaille en nous. Le Seigneur
se chargent de nos faiblesses pour révéler sa puissance. Il vient à notre
rencontre dans les visages ordinaires de la vie des hommes, de leur histoire,
des sacrements… et la foi devient une pierre angulaire sur laquelle bâtir la
vie et non pierre d’achoppement.
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