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dimanche 14 octobre 2012

DANS LA RICHESSE DE L'ESPRIT DU CHRIST... !


XXVI DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE B

COMMENTAIRE D’ENSEMBLE DES TEXTES

(Nb 11,25-29 / Jc 5,1-6 / Mc 9,38-43.45.47-48)

 

1.   L’Esprit de Dieu repose sur nous… !

Le don de l’Esprit en première lecture est la réponse de Dieu à la prière de Moïse, n’en pouvant plus de supporter les contestations du peuple et autres difficultés inhérentes à la marche au désert (Nb 11,10-15). L’effusion de l’Esprit Saint sur 70 anciens exprime la totalité du peuple vu comme peuple de Dieu nonobstant ses péchés et le don total que Dieu fait de Lui-même à l’homme en difficultés. C’est YHWH qui possède cet Esprit en abondance et qui le donne pour le bien et le bonheur d’Israël. L’effet du Ruah divin (Esprit de Dieu) définit ici par le terme « prophétiser » ne renvoie pas tout de suite au prophétisme classique sinon à la force agissante de l’Esprit divin dans le monde à travers la vie et le comportement des croyants surtout des disciples. Les anciens choisit par Moïse et plus tard aussi les disciples du Christ (symboles des croyants), sont témoins vivants de Dieu qui écoute nos supplications et pourvoie à nos besoins par le don de son Ruah (Esprit Saint). N’oublions pas  que YHWH a prélevé l’Esprit de la part qu’Il avait donnée à son serviteur Moïse. L’Esprit est don de Dieu qui invite au partage mutuel, don qui se communique, se transmet et se diffuse dans l’ordre de l’unique mission autour de Moïse. Ainsi, la grâce de Dieu se répand et fait des disciples collaborateurs à l’œuvre du salut dans le seul Saint Nom de Dieu et de son Christ.

2.   Dans le Saint Nom du Christ… !

L’Esprit souffle où Il veut. (Jn 3,8). L’exclusivisme du « nous et rien en dehors de nous » est une erreur, un péché contre l’Esprit divin. Il consiste à nous substituer à Christ. La réaction de Josué en première lecture et celle du disciple Jean dans l’évangile peuvent conduire à cette dérive exclusiviste et intégriste. A Jean, Jésus demande de ne pas empêcher celui qui prêche en son nom. L’Esprit Saint, Esprit de l’évangile, est don gratuit de Dieu. Quand le « nous ecclésial » devient trop fier de lui-même il risque d’exclure. Excluant, il perd le sauveur et le remplace par de petits seigneurs qui règnent sur les autres… Moïse a compris qu’il ne peut plus tout maîtriser et a aussi accepté que Eldad et Medad choisis par lui puissent à un moment donné de l’histoire se retrouver à prophétiser en dehors du campement au Nom du même Dieu… Jésus insiste sur son « nom » c’est-à-dire sa personne comme l’unique signe d’appartenance à Lui, comme centre vital de la communauté et sa raison d’être et d’exister. La force d’action du chrétien provient de ce nom qui illumine et donne la vraie vie, celle de Dieu. Il est bien profitable pour nous de mourir à toutes les illusions qu’attirent nos mains, nos pieds et nos yeux pour vivre seulement en Christ le seul Bien de l’homme.

3.   Nos richesses sont pourries !
Les mains, les pieds et les yeux peuvent bien être obstacles à la connaissance du Christ pour répondre à l’appel du salut. Derrière ses images se cache l’attrait ou l’attachement aux biens matériels qui aveuglent et nous empêchent de voir Christ comme révélation de la justice divine. Le discours de Jacques n’est pas contre les riches mais contre le mauvais usage des richesses, biens de la terre destinés à tous. Ce qui est pour tous doit être compris comme ce qui est divin et révélé en Christ. Les disciples, purifiés et dépouillés d’eux-mêmes deviendront riches de Lui pour mieux de sacrifier pour le monde.

 
P. Chelbin Alfred Wanyinou HONVO

 

LA GRANDEUR DANS L'ABAISSEMENT ...!


XXV DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE B

COMMENTAIRE D’ENSEMBLE DES TEXTES

(Sg 2,12.17-20 / Jc 3,16-4,3 / Mc 9,30-37)

 


L’aspiration à être grand ou premier n’est pas mauvais en soi. Elle fait partie, pourrait-on dire, du bien vital qui structure chaque personnalité et l’ouvre aux autres. C’est quand elle cesse d’être illuminée par la Parole de Dieu que l’homme devient un possédé de volonté de puissance prêt à écraser les autres et par surcroit Dieu Lui-même.


1.           La fidélité à la lumière de la croix… !


Celui ou celle qui choisit de vivre à la lumière de la vérité de la Parole de Dieu est objet de persécutions. Sa vie gêne, interroge et convainc de péché et de mensonge qui veut demeurer dans l’impiété et les ténèbres du monde. L’expérience de la vie de cette forte colonie de juifs vivant en ce moment (I s. av J.C) sur le delta du Nil en Alexandrie d’Egypte en dit long. Très tôt, au sein de cette société les courants contraires à la croyance juive et à ses traditions se révélaient de nouvelles formes ou normes de vie entrant en conflit avec la Parole de Dieu et mettant en difficulté, le juif pieux soucieux de vivre sa foi. Tous motifs sont bons pour l’accuser. Il vit sans le savoir sa passion, souffrance pour Dieu. En cette passion vécue dans la foi, Dieu se fait présent et agissant. Il n’abandonne jamais ceux qui vont au bout de leur foi. L’expérience de Jérémie, des prophètes et des chrétiens persécutés pour leur foi est preuve que la vraie sagesse est dans la fidélité et le don de soi-même pour les autres, c’est-à-dire du choix de la croix. Qui veut être son disciple doit prendre sa croix et se mettre à sa suite.
 

2.           Qui est le plus grand ?


Le choix de la croix est choix de Dieu et de son Fils comme notre seul et unique sauveur. Si ce choix est fait dans la vérité, il devient chemin de libération. La croix est d’abord cela. Elle libère de l’égoïsme et toutes complications qui nous retiennent captifs du péché et empêche de s’ouvrir et se donner aux autres. La peur ou l’incompréhension et même  le mutisme des disciples devant l’annonce de sa mort est sans doute la peur de tout humain devant la souffrance et le subterfuge d’esquiver le problème du mal et tous autres problèmes réels préférant parler d’autres choses, une autre logique, celle du pouvoir. Le refus d’affronter avec Christ les problèmes et difficultés nous fait faire d’autres choix mondains qui finissent par nous ensorceler et nous posséder. Ici, l’homme devient un possédé, possédé de volonté de puissance. Christ propose à ce sujet la figure du serviteur souffrant à travers l’innocence de l’enfant. L’enfant se sait incapable de se défendre et s’abandonne totalement à sa mère, les yeux toujours ouvert aux merveilles de toute nouveauté. Ainsi, au disciple du Christ sont indiqués, le don et l’abandon de soi comme vraies mesures de toute vraie grandeur.


3.           Comme un enfant… !


Dans l’humilité et l’humble condition de l’enfant, L’abaissement ou même la passion de l’homme devient chemin de salut et exercice de grandeur à la lumière de l’abaissement du Christ. Cet abandon sans calcul, sans hypocrisie et intérêts fait du disciple un enfant digne du Règne de Dieu. La logique du monde ne peut être logique de Dieu. La sagesse du monde est celle de la course aux honneurs, celle de Dieu est
celle de la croix.

 
P. Chelbin Alfred Wanyinou HONVO

 

 

samedi 11 août 2012

PAIN DE VIE ET D'AMOUR FRATERNEL...!

XIX DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE B COMMENTAIRE D’ENSEMBLE DES TEXTES (1 R 19,4-8 / Ep 4,30-5,2 / Jn 6, 41-51) 1. « Lève-toi et mange !» La démonstration de force du prophète Elie sur le mont Carmel contre le mensonge et la fausseté des prophètes de Baal lui attire la haine et les persécutions de la reine Jézabel. L’«homme de Dieu » prend la fuite. Il se sent seul et découragé. Il entre en crise… « C'en est assez maintenant, Yahvé ! Prends ma vie… » (1 R 19,4) L’ange du Seigneur l’éveille à consommer l’eau et le pain miraculeux et accueillir la Parole de Dieu pour reprendre des forces. Sa fuite pour se sauver se transforma en un pèlerinage sur l’Horeb, une rencontre avec Dieu. Sa crise devient nouveau départ ou redécouverte du Dieu de ses Pères aux sources de la vraie foi. Elie nous offre une expérience fortifiée par la Parole de Dieu et le Pain de vie, soutient spirituel de l’âme, de l’esprit et du corps qui nous ouvre à la vraie union avec Dieu. « Lève-toi et mange » : l’insistance de l’ange relève implicitement qu’il est un pain spécial aux bienfaits inimaginables que les promesses humaines ne peuvent procurer. 2. Le Pain que Dieu nous donne ! Cette nourriture est celle qui nous fait entrer dans la pleine connaissance de Dieu et nous fait, nous savoir comme ses fils. Se savoir fils et filles de Dieu est l’annonce de la vie qu’Il nous donne dans le Pain de vie. Ce Pain que nous consommons, don de sa vie, nous immerge dans l’action salvifique que Dieu-Père a inauguré dans le Fils. Ce n’est plus la manne du désert qui rassasiera. Jésus Lui-même s’est nommé à la place de la manne, vrai Pain. Contre cette vérité se dressent « les murmures », nos doutes, nos manques de foi en un mot une crise qui est refus de voir dans le Fils du charpentier de Nazareth, le Fils de Dieu et Dieu Lui-même, rejet des mystères de l’Incarnation et de la Croix. Ce Pain de vie que nous recevons dans l’Eucharistie est Christ Sagesse, Lumière du monde que Dieu nous révèle. Dans la communion de l’Esprit, le Père à son tour nous le révèle vrai Fils en qui nous devenons fils et frères. La fraction du pain de tous les dimanches exalte en nous cette circularité vive d’Amour, force qui divinise et transforme faisant de nous pleinement hommes pour l’incarner à notre tour. 3. Incarner Christ Pain de vie… ! Incarner Christ Pain de vie, passe par la foi, cette foi qui lie notre vie à sa vie, et nous laisse nous conduire et instruire par Dieu (Jn 6,45). L’école de Dieu à laquelle l’évangile de Jean nous convie est l’accueil de la vie du Fils, Pain et Parole de vie. Vivant en Lui, nos vies deviennent incapables d’égoïsme et du mal car Christ-eucharistie est puissance du Bien, Lumière et force de l’Esprit qui pousse à la donation de soi pour les autres. L’imitation de l’amour du Christ dans l’offre du pardon et la le partage de sa miséricorde entre nous, est une conséquence logique de l’eucharistie, pain et l’eau qui donne vie dans les souffrances de nos frères et sœurs. P. Chelbin Alfred Wanyinou HONVO

samedi 21 juillet 2012

CHRIST, NOTRE PAIX... !


XVI DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE B

COMMENTAIRE D’ENSEMBLE DES TEXTES

(Jr 23, 1-6 / Ep 2, 13-18 / Mc 6, 30-34)

  1. …Je rassemblerai moi-même mes brebis !

Jérémie est dur envers de tous ceux qui ont charge d’Israël, chefs religieux, rois… L’oracle prononcé au temps du roi Sédécias ne l’épargne pas non plus... Ils ont trahi les promesses divines (apostasies et idolâtries sous toutes formes) et fait perdre le chemin de la vie au peuple. Dieu promet un nouveau et bon pasteur, de la dynastie davidique. C’est Lui qui rassemblera le peuple et le fera paître aux sources de la Parole de Dieu qui libère et sauve. Cette ère nouvelle sera l’ère de la justice et de la paix que le peuple verra s’accomplir dans de nombreuses figures historiques. Mais elle s’accomplit vraiment en Christ, Fils de David (Mt 1,1) qui inaugure les temps nouveaux… Le nom Sédécias imposé au roi par les colons babyloniens signifie « Seigneur-ma-justice » contrairement à celui du Messie de Dieu qui désormais sera « Seigneur-notre-justice ». le Seigneur  est pour tous, prend soin de tous. La charité pastorale se substitue à l’égoïsme. Devant la misère du peuple, Jésus « fut saisi de pitié envers eux parce qu'ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les instruire longuement » (Mc 6,34). Il se révèle ainsi pasteur messianique enseignant et après, leur donnera à manger. Autour de Lui les disciples font l’expérience de l’être-pasteur.


  1. …Autour de Jésus !

Tout joyeux, les envoyés de Jésus reviennent rendre compte de leur expérience de semeurs d’évangile. Dans toute l’œuvre de Marc, c’est ici et ici seulement que les douze sont désignés « apôtres ». Leur mission est en parfaite continuité avec celle du Christ, et le pose comme centre de gravité. La mission part de Jésus et revient encore à Lui, le vrai Pasteur. Il est le point de départ et d’arrivée de toute vraie et authentique vie chrétienne. La présence de la foule démontre une soif toute particulière, un besoin intense et très fort de la Bonne Nouvelle que la société ne donne et ne peut donner. Les mensonges et toutes sortes de dominations politiques successives (dominations Assyrienne, Babylonienne, Perse, Grecque et Romaine…) ont ruiné le peuple. Le monde d’aujourd’hui n’en est pas loin. Il n’y a que le Fils de Dieu qui démontre une sollicitude gratuite et est prêt à sacrifier sa vie. Il est le bonheur et la paix à l’école de qui tous devront se mettre. Les apôtres l’ont compris. Avec Christ, la vie humaine se revêt de toute sa splendeur. Pour eux, être missionnaire signifie avant tout capacité à vivre avec Christ comme centre vital de tout. Apprendre à vivre avec Lui pour une intimité de repos, de silence de solitude féconde de paix. Le désert est le lieu où Dieu après la libération d’esclavage d’Égypte, s’est montré de manière particulière à Israël et lui a parlé au coeur. Savoir prendre le désert en Christ, c’est savoir vivre de Lui et en Lui pour une histoire particulière d’amour en un « seul à seul » dans la prière qui nourrit et féconde l’apostolat et la vie chrétienne. Le chrétien n’est pas un activiste qui passe d’une activité à une autre dans une fatigue accablante. Mais celui qui sait se reposer et se ressourcer en Lui, comme si on parlait d’une Christothérapie, Christ qui guérit nos blessures intérieures et opère toute vraie libération. En Lui, l’homme retrouve Dieu qu’il a perdu et peut perdre à tout moment à cause du péché.


  1. …Proches de Dieu par le Sang du Christ !

Par son sacrifice sur la croix Il délivre l’humanité d’une vie dépourvue de sens et de signification et réconcilie le monde avec Dieu. Son sang versé réhabilite tous, sans distinction de race et de culture, à devenir peuple de Dieu. Le mur invisible qui séparait les nations entre elles est tombé. Le mystère de la croix fait de tous ceux qui l’accueil, dignes de la grâce d’Amour qui libère et procure la Paix. L’humanisation de Dieu en Christ, a ouvert la divinité en Christ à l’humanité. Tout ce qui est chrétien est humain. C’est la grande nouveauté de l’œuvre de rédemption en Christ, notre vrai Paix.

P. Chelbin Alfred Wanyinou HONVO


samedi 14 juillet 2012

ANNONCER LA RICHESSE DE SA GRACE... !


XV DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE B

COMMENTAIRE D’ENSEMBLE DES TEXTES
(Am 7, 12-15 / Ep 1, 3-14 / Mc 6, 7-13)
1.    Je ne peux pas ne pas prophétiser… !

Dans le tout nouveau Royaume du Nord né des péripéties de la sécession après la mort du roi Salomon, Dieu suscite Amos prophète presque à la même période qu’Isaïe à Jérusalem au Sud (Is 1,11-14). C’était un prophète au langage virulent et quelques fois violent s’opposant aux disparités sociales… Samarie connaissait un certain essor économique qui contrariait avec la misère de la grande majorité du peuple. L’insolence des richesses aux mains de quelques uns faisait s’interroger le prophète sur les grands idéaux de l’exode à savoir, la liberté, le droit des familles et de chacun à vivre sereinement sur la terre promise à tous et donc le droit d’avoir une maison et un travail digne. La vie quotidienne n’est-elle pas ou ne doit-elle pas être reflet de la volonté de Dieu et de sa justice? Le mérite d’Amos est d’attirer l’attention sur le lien intime entre culte et vie, profession de foi et justice (Am 5,21-27). Un tel langage de vérité blesse et menace la stabilité du royaume. Amasias prêtre courtisan, sent aussi les service du prophète dangereux et lui intime l’ordre de se retirer et de retourner chez lui au Sud (vv. 12-13). Amos lui répond : je ne suis pas un homme en quête de faveur…j’avais un métier, une maison…furent-ils modestes quand Dieu m’appela.. je ne peux pas ne pas prophétiser. Une réponse aussi simple mais profonde qui laisse transparaitre la crédibilité de son appel et la puissance libératrice de la foi en Dieu.


2.    Une mission libératrice au nom du Christ !
La crédibilité du missionnaire passe par sa capacité à braver l’adversité pour témoigner. Un témoignage qui part de la communauté : « Il les envoie deux à deux ». L’évangile n’est pas une affaire individuelle. La vie en communauté fertilise la Parole de Dieu et en fait la force d’amour des uns envers les autres dans l’unique amour divin qui nous sauve. La substance de la mission est d’annoncer Jésus le Christ Bonne Nouvelle qui arrache les peuples au mal où les esprits impurs de ce monde les retiennent captifs. Entre autres consignes, Marc souligne qu’ils ne doivent rien emporter c’est-à-dire qu’ils ne doivent pas compter sur leurs propres sécurités et moyens humains pour l’annonce du Règne de Dieu. Il s’agit là d’un appel incessant à s’armer pour toute sorte de traversée du désert, le désert du martyre et des persécutions. En première lecture, Amos en est un exemple de fidélité et de détachement qui libère des biens de ce monde et toutes autres faveurs qui distraient et obscurcissent l’évangile. Être apôtre c’est-à-dire envoyé du Règne de Dieu est aussi appel à vivre la pauvreté comme sacrement de foi, foi en Celui qui envoie, voit et pourvoit. Sans l’esprit de pauvreté il n’y a pas de foi chrétienne qui tienne. C’est elle qui aide à ne pas tomber dans les piège de l’autosuffisance personnelle et de la bureaucratie idéologisant  pour toujours laisser place à l’action de l’Esprit Saint unique moteur de toute annonce parce qu’Il nous fait comprendre le projet d’amour de Dieu sur l’humanité.

3.    Récapituler toute chose dans le Christ !
L’humanité n’existe pas par un pur hasard. Elle s’insère dans un projet d’amour où nous marchons dans la Lumière pour une communion intime avec Dieu. Il nous fait ses fils en son Fils Jésus Christ, privilège d’amour qui nous régénère et nous fait conquérir sa ressemblance et son image que le péché détruit. L’annonce et l’accueil de l’évangile sème en nous cette réalité de salut, richesse de sa grâce.

P. Chelbin Alfred Wanyinou HONVO


jeudi 12 juillet 2012

LE SCANDALE DE LA FOI... !


XIV DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE B

COMMENTAIRE D’ENSEMBLE DES TEXTES
(Ez 2, 2-5 / 2 Co 12,7-10 / Mc 6, 1-6)
Ezéchiel tout comme d’autres prophètes avant lui et Jésus font la douloureuse expérience du rejet. Ils sont messagers de la Parole du Seigneur qui met en crise parce qu’Elle secoue nos lieux communs d’illusion. Marc l’évangéliste dit successivement que les gens de Nazareth étaient « étonnés » puis « scandalisés » car vérité ou la lumière de la foi pose problème à qui reste prisonnier du mensonge ou des ténèbres.


1.   Vers les cœurs endurcis !


L’Esprit du Seigneur envoie Ezéchiel en une mission difficile faite de rejet et de persécutions. Sa vocation à servir Dieu ne sera de toute joie. Le message qu’il porte est la Parole du salut destinée à un monde hostile que le Seigneur définit, « peuple de rebelles qui s'est révolté contre moi, … cœur obstiné, … engeance de rebelles », un peuple infidèle et pécheur qui accuse Dieu de sa situation d’exilé et d’esclave en Babylone. La destruction de Jérusalem et du temple en viennent ajouter au refus d’accueil de la Parole de Dieu et de son prophète. Nonobstant le refus et les souffrances subis, la Parole doit être annoncée et le prophète doit se faire davantage présent. La présence de ce dernier au milieu de ses frères est et sera la preuve que Dieu est toujours Dieu-avec-son-peuple : « qu'ils écoutent ou qu'ils n'écoutent pas, ils sauront qu'il y a un prophète parmi eux » (Ez 2,5). Le chrétien ne fuit pas les crises de son temps. Accueilli ou pas, la faiblesse apparente de sa pauvre présence est une grâce qui fait germer la force d’une vie nouvelle de libération.


2.   Jésus rejeté par les siens !

De même dans l’évangile, les gens de Nazareth ne sont pas prêts à accepter Jésus comme fils de Dieu malgré les nombreux signes et merveilles dont ils étaient témoins. Leur connaissance de Lui a du mal à se détacher des l’état civil (sa famille, sa parenté, son métier…) et autres préjugés. Mais quand la familiarité vécue est uniquement celle des sens et des seules apparences, le cœur et les yeux s’enténèbrent et rejettent toute lumière et nouveauté divines. Les raisons secondes prennent le pas sur les raisons premières dans la connaissance de Dieu ; et son Christ n’est connu et apprécié que « selon la chair » (2 Co 5,16). Or la seule « vie selon la chair » est source de mort. Le Fils de Dieu est rejeté. L’homme refuse d’accepter et d’accueillir Dieu dans l’humilité de sa nature humaine, refus de voir Dieu prendre nos chemins, de devenir personne. Le rejet du Fils de Charpentier de Nazareth est plus que jamais d’actualité. C’est le péché moderne qui nous guette et tant que Dieu ne sera pas accepté comme Dieu incarné, Dieu personne, Dieu-avec-nous, la porte sera ouverte à tous les paganismes où le diable opère sans gène parce que nous lui offrons l’occasion de se masquer en ressemblance de Dieu. Le salut ou la puissance de Dieu s’opère dans l’histoire concret de l’homme en ses souffrances concrètes. Dans l’Homme concret Jésus, Dieu rencontre les hommes et vis versa.

3.   La puissance de Dieu se manifeste dans la faiblesse !

Paul parle aussi des rejets dont il a été victime. Il confesse sa faiblesse : « une écharde dans la chair » et de « l’envoyé de Satan »  (2 Co 12,7). De quoi est-il exactement question ? Les recherches scientifiques bibliques s’en sont longtemps occupé et s’en occuperont encore. S’agit-il d’un péché, des stigmates, d’une maladie, de quelque tentation diabolique ou le rejet de l’évangile par ses propres frères de race… ? l’important est d’accueillir l’intention rhétorique et pédagogique où s’expriment l’humilité et la docilité de l’envoyé de Dieu. Paul s’est rendu compte que ce ne sont pas ses capacités humaines spirituelles et intellectuelles qui opèrent mais c’est Dieu qui travaille en nous. Le Seigneur se chargent de nos faiblesses pour révéler sa puissance. Il vient à notre rencontre dans les visages ordinaires de la vie des hommes, de leur histoire, des sacrements… et la foi devient une pierre angulaire sur laquelle bâtir la vie et non pierre d’achoppement.

 P. Chelbin Alfred Wanyinou HONVO


samedi 30 juin 2012

LA FOI SAUVE DE LA MORT... !


XIII DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE B

COMMENTAIRE D’ENSEMBLE DES TEXTES
                           (Sg 1,13-15 ;2,23-24 / 2 Co 8,7.9.13-15 / Mc 5, 21-43)

1.   Dieu n’a pas créé la mort !

La vie d’ici-bas est anticipation et préparation de celle à-venir. Nous la contemplons dans la résurrection de Jésus qui donne à l’existence humaine, une nouveauté exaltante. L’œuvre de la création est pure beauté de Dieu. Elle ne porte pas le venin de la mort ou du mal. Elle est au contraire épiphanie du Bien et du Salut. Ainsi, les souffrances et misères sont une pâques en vue d’une communion plus profonde avec Dieu qui dans l’Amour nous a créés. La mort ou le mal et toute expérience de la finitude humaine ne déclarent pas la fin  de la vie, cela contredirait l’œuvre de la Création dont le but est le bonheur. A l’image et à la ressemblance de Dieu l’homme est créé. Il jouit du don de l’immortalité et de l’incorruptibilité divine. Sa mort terrestre n’est donc pas châtiment divin. Elle est œuvre de l’auteur de toute division, le diable, qui séduit et trompe. Dieu est Dieu de Vie.

2.   Dieu est seigneur de la vie !

L’Evangile de ce jour proclame cette même foi en Dieu qui est Vie et foi en la résurrection. Il met ensemble, pour nous y porter, deux récits. Est-ce par souci de rendre évident le symbolisme douze (12) commun aux deux (l’enfant du chef de la synagogue avait 12 ans, la femme est aussi malade depuis 12 ans )? Dieu qui en Christ son Fils a pris notre nature humaine et notre condition, y a semé les germes de bonheur et de vie. Il est Dieu vainqueur de la mort. A la femme malade qui l’a touché, Christ communique la guérison et la pureté qui libèrent de l’impureté légale, de l’exclusion dans lesquelles la maladie l’a rangée et contre lesquelles elle a lutté pendant douze ans. Son geste (toucher) concrétise sa foi en la puissance du Christ, la même foi que Jésus recommande à Monsieur Jaïre : «…Ne crains pas, crois seulement…» (Mc 5,36b). La foi maintient en nous la grâce de la vie. Elle est antidote à la mort et obtient pour nous et sème en nous, la victoire du Christ. Douze (12) est symbole de cette plénitude de vie, la vie de Dieu qui ne finit pas, grâce de sa victoire toujours opérante en nous. Insistant sur notre foi en Lui, Jésus révèle qu’Il est « Seigneur », puissant par sa Parole et en ses actions. Le retour à la vie de la fille de Jaïre et celui de Lazare l’attestent. Devant la mort ou tout mal, nous sommes invités à la foi pour collaborer avec Dieu qui fait vivre.
 

3.   Vivre et resplendir de la vie de Dieu !


La deuxième lecture semble n’entretenir en apparence aucun rapport direct avec les deux autres par son insistance sur la générosité dans la collecte des fonds pour l’Eglise mère de Jérusalem. Il ne s’agit pas pour le chrétien de chercher ailleurs les vertus qui font éclore la foi et qui portent les germes de félicité et d’immortalité. Elles sont dans la connaissance de Dieu, l’écoute de sa Parole et l’imitation du Christ dans la générosité de ce que Dieu, nous enrichit de sa richesse divine et relève l’humanité de tout ce qui l’incline dangereusement vers la mort. L’échange de biens entre frères et sœurs ou entre communautés ecclésiales est œuvre de justice, racine de l’immortalité qui nous fait faire l’expérience de la solidarité. Le disciple du Christ se laisse associer à la souffrance, au mal et à la mort dans le monde pour comprendre combien le don de la foi délivre de la mort pour faire resplendir la vie de Dieu.

P. Chelbin Alfred Wanyinou HONVO


dimanche 24 juin 2012

ANNONCER LA NOUVEAUTE DU CHRIST ...!


NATIVITÉ DE JEAN LE BAPTISTE

COMMENTAIRE D’ENSEMBLE DES TEXTES
                                          (Is 49, 1-6 / Ac 13,22-26 / Lc 1, 57-66.80)


Six mois avant Noël, nous célébrons la naissance du Saint Précurseur du Christ. Il est, dans l’histoire du salut, la transition entre l’Ancienne Alliance et la Nouvelle, Celui qui clôture l’œuvre des prophètes et ouvre celle des apôtres de Jésus. Sa mission nous ouvre à la nouveauté inhérente à la foi en Christ.



1.   Ne crains pas Je suis avec toi !

Jean le Baptiste est appelé – comme tous serviteurs de Dieu et prophètes - à collaborer à l’annonce de la Parole qui fait fils de Dieu et sauve. Il est souvent décrit comme voix de Celui qui crie dans le désert, une voix toute orientée à faire connaître Christ et ouvrir pour nous les chemins nouveaux du Règne de Dieu aujourd’hui. Parlant de sa mission, Luc dit : « il ramènera de nombreux fils d'Israël au Seigneur, leur Dieu. Il marchera devant lui avec l'esprit … pour ramener le coeur des pères vers les enfants et les rebelles à la prudence des justes…» (Lc 1,16-17) en un mot, ramener tous à l’ « écoute de la Parole de Dieu » qui nous rend participant de la promesse faite à nos Pères. En Jean, Dieu reprend le chemin de l’homme et sème en nous des germes de conversion profonde et de joie malgré nos déserts. C’est avec le Baptiste que le croyant redécouvre sa vocation à l’accueil de la Parole qui crée toute chose nouvelle…

2.   Quel sera cet enfant ?
La joie de sa naissance préannonce celle plus grande encore du sauveur. Rien n’est impossible à Dieu. De l’abîme de a mort et du mal, Il fait miséricorde et rétablit en nous son image et fait de nous des fils. Cette joie qui retentit dans la famille de Zacharie et d’Elisabeth est l’accomplissement des promesses de Dieu pour l’humanité et singulièrement, l’effusion de ses grâces en chacune de nos vies. L’entourage et le voisinage de cette famille ont l’intuition que s’il est né de ce miracle de la vie qui refleurit là où l’homme est loin d’en espérer, c’est que Dieu le destine à une mission toute particulière contenue en son nom révélé, Jean (Jean= Dieu fait miséricorde, Dieu fait grâce…). Toute naissance est un événement lié au corps, un corps qui prend corps d’un autre corps en un processus biologique de germination d’un nouvel être, une nouveauté qui est joie parce que vie. La naissance de Jean porte en elle cette nouveauté-là et nous l’annonce comme vocation particulière de chacun d’entre nous. Nous ne sommes pas nés par un pur hasard. Nous sommes appelés à l’existence pour être un commencement unique et porter un nom unique qui dans la grande famille est une merveille unique porteuse de grâces et de miséricorde divines. Le vrai nom de l’homme est celui qui nous vient de Dieu, qui est sa grâce sans cesse versée en nos cœurs.

3.   Naître et Re-naître en Dieu !

L’accueil de cette grâce fait aussi de nous serviteurs et missionnaires de la puissance de renouveau du Christ dans le monde. Le discours de Paul dans la synagogue d’Antioche de Pisidie ne fait qu’insister sur cet avènement du monde nouveau que porte le ministère de Jean, passage du vieil homme à l’homme nouveau en Christ fruit de notre foi et de l’accueil de sa grâce.



                                                                     Chelbin Alfred Wanyinou HONVO



samedi 16 juin 2012

ETRE LA BONNE TERRE...!


XI DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE B

COMMENTAIRE D’ENSEMBLE DES TEXTES
                                        (Ez 17,22-24 / 2 Co 5,6-10 / Mc 4, 26-34)
 

1.   La fragilité du jeune rameau !

L’image du jeune rameau fragile devenu cèdre magnifique aux yeux de tous et à la gloire d’Israël, est la vie qui renaît des cendres de la souffrance, de la pauvreté et de la mort. Quand Nabuchodonosor envahit Jérusalem, la déporte et la réduit à néant, aucune lueur d’espoir n’était possible pour le peuple de Dieu. A nos yeux d’hommes, Israël semble avoir tout perdu et s’être perdu. De la profondeur de l’épreuve Dieu vient et prélève du milieu du peuple un jeune rameau qu’Il replante sur la montagne de l’alliance comme signe d’espérance, inauguration de la nouveauté messianique, éternelle protection divine et accomplissement définitive de son amour. L’avènement du salut de Dieu dans la fragilité, la petitesse et l’impuissance des moyens humains redimensionne tous critères humains d’évaluation et d’approche et nous ouvre sur les valeurs de la simplicité, de l’amour et du service humble (manifestation de la force de Dieu) qui seules peuvent édifier un monde meilleur.



2.   La force de l’humble semence !

La force de Dieu n’est pas dans les démonstrations spectaculaires. L’entourage de Jésus éprouve grande difficulté à le saisir. Comment comprendre que la personne d’un homme aussi simple que Lui est le lieu de révélation de la gloire de YHWH ? Comment établir le lien entre tout ce que l’Ancien Testament a célébré et chanté de la grandeur de Dieu en son Règne et l’humble annonce qu’en fait maintenant Christ ? L’avènement de Dieu ne devrait-t-il pas être universellement et triomphalement reconnu ? Les deux paraboles définissent le Règne de Dieu sous les traits de l’impuissance de la semence. Elle est d’abord destinée à la sépulture d’où elle croît et fructifie. Son apparente défaite ou faiblesse ou même le silence apparent qui la caractérisent sont signes de sa force. C’est en tout cas de cette façon que s’édifie dans le monde et s’édifiera en nos cœurs l’œuvre de Dieu et la grâce de son salut. Il n’est pas produit d’une vision intelligente de l’homme ou fruit de sa liberté créatrice ni le résultat de nos efforts de religiosités. Le Règne de Dieu est l’histoire de la promesse d’Amour que Dieu a semé dans le monde et qui opère en nous, nous élève et nous libère parce qu’il est Christ Ressuscité puissance d’Amour. La force de cette semence est son humilité et sa petitesse, une force secrète qui est présence vivante de Dieu. Sous des dehors d’absence, d’insignifiance et de rien le Règne de Dieu est patiemment

3.   Se laisser ensemencer  !

Sous des dehors d’absence, d’insignifiance et d’humilité, le Règne de Dieu germe patiemment dans la gratuité du don. Le « silence » de Dieu ou son « absence » ne sont-ils pas en réalité des moments de gestation en nous de la semence ou de sa puissance en nous ? La faiblesse, la petitesse  ou le refus de Dieu et même les scandales des disciples en ce monde et nos misères sont la preuve que le Règne de Dieu est un cheminement toujours renouvelé vers le plein accomplissement en Dieu. Sans la foi et la patience, la vie présente ne peut s’ouvrir au futur qui seul nous arrache à la mort pour la résurrection en Christ. Puissions-nous être la bonne terre où Dieu peut ensemencer la vie qui  vient.
P. Chelbin Alfred Wanyinou HONVO


samedi 9 juin 2012

CORPS ET SANG QUI DONNENT VIE ...!

SACREMENT DU CORPS ET DU SANG DU CHRIST (B)

COMMENTAIRE D’ENSEMBLE DES TEXTES
                                        (Ex 24, 3-8 / He 9, 11-15 / Mc 14,12-16.22-26)

Par son précieux corps et son précieux Sang, Christ demeure présent et veille sur son peuple, le purifie et le sanctifie.  L’Eucharistie tous les jours célébrée actualise les grâces du Salut qu’Il nous obtint par la Croix et sa Résurrection.
 
1.   Eucharistie, nouvelle alliance !

En cette première lecture, où le mot « peuple » se trouve plusieurs fois employé, on ne peut pas non plus passer sous silence l’engagement solennel du même peuple à respecter le pacte de l’alliance. Un engagement non simplement éthique (cf. par exemple le décalogue et le code de l’alliance) mais existentiel et surtout effort permanent à être peuple de Dieu, fils bien aimé de YHWH dans la fidélité à sa Parole. Le rite du sang des taureaux immolés et répandu indique l’indissolubilité du pacte que malheureusement l’infidélité d’Israël entachera et remettra en cause. YHWH, Lui reste fidèle et sans cesse assure à son peuple sa présence vivante. Le sang de l’animal est insuffisant. Le Seigneur y pourvoira d’une autre manière : par le don de sa vie, le sacrifice de son Fils sur la croix dont le corps et le sang dans l’eucharistie nouvelle alliance, porte l’alliance du Sinaï à son achèvement.

2.   Eucharistie, présence permanente de  Dieu parmi nous !

 Jésus offre le pain et le vin pour la célébration et l’action de grâce de la libération d’Israël. Il les offre cependant devenant Lui-même victime dont la personne et la vie entière est sacrifiée pour libérer l’humanité de tout esclavage et donnant ainsi la possibilité à tous de devenir fils de Dieu. Il n’a ni rejeté ni aboli le sacrifice ou le rite ancien. Il l’a transformé de l’intérieur par le don de sa propre personne, le don de son corps et de son sang, nouvelle alliance et communion définitive entre Dieu et les hommes. Ainsi, leur démontre-t-il l’Amour de Dieu pour le monde, singulièrement pour eux et pour tous ceux qui, par leur parole et leur mission professeront la foi en Lui, mort et ressuscité. En Araméen, « le corps » équivaut à la personne et le « sang » à la vie ; c’est la totalité de sa personne qui est offerte pour être présence vivante et agissante dans l’histoire, nouvelle alliance et communion non plus fondée sur la loi et le sang des animaux mais sur la miséricorde et la participation à la vie divine en Lui.


3.   Eucharistie, notre sanctification !

Il dit « ceci est mon corps….mon sang », une façon claire de dire que cette nouvelle alliance est fondée sur le sacrifice de sa vie. Ainsi le mémorial de la dernière Cène fait comprendre que l’Eucharistie de chaque jour est l’actualisation du mystère de sa Croix et de sa Résurrection qui nous purifie et nous sanctifie. Il purifie « notre conscience des oeuvres mortes pour que nous rendions un culte au Dieu vivant» (He 9,14) et sanctifie notre être nous « procurant la pureté de la chair » (He 9,13). L’eucharistie sème en nous les germes divines de l’immortalité, preuve que seul, l’homme ne peut pas fonder et conduire sa propre vie. Le saint sacrement du corps et du sang du Christ est au jour le jour, « la présence constante de Jésus au milieu de nous et avec nous, une présence concrète, proche, au milieu de nos maisons, comme « Cœur palpitant » de la ville, du pays, du territoire et de ses différentes expressions et activités » (Benoit XVI)


P. Chelbin Alfred Wanyinou HONVO


vendredi 1 juin 2012

DANS LA COMMUNION D'AMOUR EN DIEU... !

SOLENNITÉ DE LA TRÈS SAINTE TRINITÉ (B)

COMMENTAIRE D’ENSEMBLE DES TEXTES
(Ac 2, 1-11 / Ga 5, 16-25 / Jn 15,26-27 ; 16,12-15)


Le mystère de la Très Sainte Trinité est la célébration de la présence et de l’action de Dieu dans l’histoire des hommes faisant de tous,  fils et filles appelés à vivre avec Lui dans l’amour qui ouvre à la vraie vie.

1.   Il est Dieu-avec-nous !

Moise nous invite à contempler et apprécier à sa juste valeur la présence forte et puissante de Dieu à l’œuvre dans l’histoire . L’alliance divine du Sinaï est une initiative personnelle, libre et gratuite de YHWH qui fit l’élection d’Israël au milieu de tant d’autres et se faisant, se révèle Seigneur de l’univers, Dieu Unique pour Israël et par conséquent pour toute la terre. Il est Dieu épris du sort et du salut de l’homme. Israël d’hier et d’aujourd’hui méditera la profondeur incommensurable et la grandeur à nulle autre pareille de ce don de soi, Amour divin révélé dans l’histoire de son agir. La foi du peuple se définit simplement dans cette histoire des merveilles et prodiges tant du passé que du présent qui ouvre notre raison à Dieu et la génère à une vie nouvelle. Cette nouveauté s’observe dans le don de ses commandements, recettes de bonheur et de longévité sur la terre qu’Il donne mais plus, elle s’enracine dans le don de Lui-même en son Fils, Verbe fait chair généré non pas créé. C’est Lui, Christ qui porte l’alliance à son terme dans et par son sacrifice sur la croix.

2.   Il est Dieu-pour-nous !

L’adoration des disciples à la christophanie de la montagne, est un acte de foi qui naît de leur rencontre avec Christ Ressuscité et de la découverte en Lui de la nouveauté qui transforme. En la personne du Ressuscité Verbe-Fils, Dieu se donne et inonde le monde de sa grâce du salut pour tous. Mathieu désigne en ce texte d’évangile les onze du nom de disciples. Ils ne sont pas d’abord maîtres. Ils ne sont ni chefs ni princes. Ils sont à l’école (être disciple) de l’unique Maître qui les envoie et de qui ils reçoivent la mission d’annoncer ce Verbe, Parole qui fait toute chose nouvelle et introduit dans la communion d’amour en Dieu. Leur mission est de rendre l’homme proche du Christ et le Christ proche de l’homme pour en faire faire l’expérience de sa présence dans l’adoration et l’écoute qui font devenir fils de Dieu. Le jour où l’un des onze perdra l’habitude de le reconnaître et l’adorer (prosterner) il commencera, à coup sûr, à ne plus servir la Parole-qui-sauve pour devenir maître, chef et prince. Il dé-missionnera de la mission au profit d’autres paroles qui ne peuvent communiquer l’amour de Dieu. Seul l’être-avec-Christ du disciple rend crédible sa mission et la féconde. Le baptême au nom de Dieu, Père, Fils et Saint Esprit signifie immersion dans cette communion de vie et d’amour en Dieu, immersion dans la grâce trinitaire où nous nous devenons fils et frères dans l’unique famille divine. En Dieu, tout est unité vivante de relation. Nous ne pouvons appartenir à Lui en sélectionnant ce qui nous plaît dans son enseignement.

3.   Il est Dieu-en-nous !

Par le don de son Esprit, Christ nous fait pleinement participer à cette relation de communion qu’Il a avec le Père, faisant vivre dans le cœur et la vie des croyants, la présence éternelle de Dieu. « Et voici, Moi, Je suis avec vous tous les jours jusqu’à l’achèvement du temps » (Mt 28,20). Cette présence ininterrompue justifiée par le temps présent du verbe grec, prouve l’action continuelle de l’Esprit qui nous communique la vie d’amour où, en vrais fils de Dieu, nous mourons à l’esclavage du péché pour nous ouvrir à une réalité bien plus grande : la vie nouvelle de gloire en Dieu dans l’éternité.

                   P.  Chelbin Alfred Wanyinou HONVO

samedi 19 mai 2012

DEVENIR TEMOIN DE LA RESURRECTION...!


VII DIMANCHE DE PÂQUES

COMMENTAIRE D’ENSEMBLE DES TEXTES
                                     (Ac 1, 15-17.20-26 / I Jn 4, 11-16 / Jn 17,6a.11b-19)

Tout problème ou difficulté auquel se trouve confrontée les apôtres, est affrontée à la lumière de la foi en Christ, dans la puissance de sa résurrection qui donne forme et consistance à la communauté ecclésiale naissante. Être et devenir témoin du Ressuscité passe par la foi et l’union à Lui dans la communauté. 

 1.      Fidélité à vivre en communauté !

L’élection de Mathias, prenant la place désertée par Judas Iscariote révèle  en un premier temps la place et le rôle décisionnel de Pierre dans collégialité avec les autres mais surtout le souci d’équilibrer les ressources humaines nécessaires en vue de l’organisation de la mission. L’Esprit Saint est l’unique guide de la communauté chrétienne dans sa mission universelle ici définie comme «témoignage de la résurrection du Christ ». Mathias prend la place de Judas  et le nombre 12 est rétablit non pas seulement dans une logique de respect de la tradition mais pour clairement manifester l’urgence et l’importance de la mission des disciples dans le monde. Dieu en est l’origine et le contenu. Pour y prendre part, il faut montrer la fidélité à Christ en communauté des apôtres et manifester ainsi une union intime à sa vie de laquelle germent et fleurissent l’amour et la vérité. L’enjeu est grave et Jésus Lui même le note expressément dans sa prière.

2.     Fidélité au Christ dans l’unité et la vérité !
La fidélité à Lui nécessite une union ou communion toute particulière, c’est-à-dire la consécration de la part de Dieu. Consacrer, c’est « mettre à part » pour devenir totalement « propriété de Dieu », vivre et mouvoir seulement et uniquement pour Dieu. L’action de consécration des disciples est une action divine, une action élective singulièrement transformante dans laquelle le sujet consacré collabore pleinement se laissant conduire par l’Esprit divin dans la puissance de sa Parole de vérité. En définitive, Dieu et l’homme se rencontrent. La liberté de ce dernier n’est pas niée mais exaltée dans la foi pour être fécondité de bonheur, engagement pour Dieu contre la mal dans le monde en vue du salut. Bien que vivant dans le monde, les chrétiens sont des « séparés » du monde, propriété de Dieu, ceux qui au milieu des autres hommes deviennent reflet de la fidélité de Dieu pour l’humanité et travaillent à la germination de son Règne, avènement de l’amour et de la vérité dans le monde : « la vérité est le bain qui les purifie, la vérité est vêtement et l’onction dont ils ont besoin.» (Benoît XVI) La fidélité à cette vérité dans la communauté ne relève pas d’une simple appartenance à un groupe social. Elle n’est pas non plus un conglomérat de personnes bien intentionnées ou une superposition des sentiments. Elle est foi, constante et persévérante adhésion à la vie de Celui qui s’est constitué la communauté et lui donne vie. L’unité des chrétiens ou des disciples naît donc avant tout de leur profonde unité avec Dieu en qui Père, Fils et Saint Esprit sont un. Elle est communion et participation à l’être même du Ressuscité, une intimité qui fait vivre dans la sphère de Dieu pour en rayonner et contraster toute tendance périlleuse du monde à la désintégration. La consécration des disciples dans l’unité et la vérité devient engagement et mission : « comme le Père m’a envoyé, moi aussi Je vous envoie » (Jn 20,21).

3.     Fidélité à l’Esprit d’Amour !

Jésus est bien conscient du danger du monde à la division et au mal. Il entreprend de prier pour ses disciples et de les mettre dans la force et la dynamique de sa Résurrection. Par sa prière, Il réaffirme que seul, c’est-à-dire sans Dieu qui est Amour, l’homme ne peut rien comme Jean le souligne en sa lettre : « quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu » (1 Jn 4,8). La vraie icône de cet amour est Jésus qui donne l’Esprit qui répand l’amour en nos cœurs (Rm 5,5) pour que nous en devenions source et fécondité sur terre.
P. Chelbin Alfred Wanyinou HONVO